Grève à France Inter contre l'arrivée de Charles Sapin, de « Valeurs actuelles »
Les salariés de Radio France ont cessé le travail dimanche 13 et lundi 14 septembre pour dénoncer le recrutement de Charles Sapin, cadre du magazine Valeurs actuelles, comme éditorialiste dominical.

Les salariés de Radio France sont appelés en grève les dimanche 13 et lundi 14 septembre pour protester contre le recrutement de Charles Sapin à l'éditorial politique du dimanche matin sur France Inter Le Monde. Ce journaliste occupe le poste de directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Valeurs actuelles, qualifié de média d'extrême droite par plusieurs sources France 24+1.
Depuis le 30 août, il tient chaque dimanche matin une chronique hebdomadaire sur la première radio de France France 24. Cette arrivée, survenue il y a deux semaines au moment du déclenchement de la grève, a immédiatement suscité la contestation de journalistes et de salariés du groupe public RFI.
La direction de Radio France a justifié ce recrutement au nom du pluralisme, dans un contexte de campagne pour la présidentielle de 2027 20 Minutes. Les syndicats, eux, dénoncent ce qu'ils présentent comme une propagation des idées d'extrême droite au sein du service public 20 Minutes, et affirment leur « refus catégorique » d'entendre la parole de Charles Sapin, qu'ils jugent « pas compatible » avec les missions du service public Le Figaro.
La contestation dépasse le seul cadre interne de la radio. Une tribune publiée samedi 12 septembre dans Le Parisien, signée par près de 300 artistes et intellectuels dont Annie Ernaux et Johann Chapoutot, apporte son soutien au mouvement et demande à la direction de revenir sur sa décision L'Humanité. L'arrivée de Charles Sapin est également très critiquée par de nombreux auditeurs de la station RFI.
Le recrutement interroge sur les limites d'un pluralisme qui, selon certains observateurs, contribuerait à banaliser l'extrême droite sur une antenne publique Le Monde. L'épisode relance aussi un débat plus large sur la place du journalisme d'opinion comme unique vecteur d'expression du pluralisme dans les médias L’Obs. La chronique en cause dure environ 180 secondes chaque dimanche L’Obs.
Le contexte
Charles Sapin occupe la fonction de directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Valeurs actuelles, un magazine régulièrement qualifié de média d'extrême droite dans les sources disponibles France 24+2. Depuis le 30 août, il tient une chronique hebdomadaire le dimanche matin sur France Inter, dans le cadre de l'éditorial politique de la matinale France 24+1.
Son recrutement a été présenté par la direction de Radio France comme relevant du pluralisme des points de vue, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027 20 Minutes. Cette justification est directement contestée par les syndicats, qui y voient au contraire un vecteur de diffusion des idées d'extrême droite au sein d'un média public 20 Minutes.
La contestation n'est pas propre aux salariés : de nombreux auditeurs de la station ont également critiqué cette arrivée RFI. La mobilisation a pris de l'ampleur jusqu'à rassembler, en dehors de la radio, une tribune signée par environ 300 artistes et intellectuels publiée dans Le Parisien L'Humanité.
Les réactions
Les syndicats de Radio France affirment leur « refus catégorique » d'entendre la parole de Charles Sapin sur l'antenne publique, la jugeant « pas compatible » avec les missions du service public Le Figaro. Cette position tranchée illustre l'ampleur du désaccord entre une partie des salariés et la direction de l'entreprise.
Dans les colonnes de Libération, des salariés en grève expriment le sentiment d'avoir été mis devant le fait accompli par la décision de la direction : « On a le sentiment d'être piégés » Libération.
La tribune publiée dans Le Parisien, signée par près de 300 artistes et intellectuels dont Annie Ernaux et Johann Chapoutot, qualifie l'arrivée de Charles Sapin de symbole de « la libération de la parole raciste » et demande à la direction de Radio France de revenir sur sa décision L'Humanité. Ce soutien externe élargit la contestation au-delà du seul personnel de la radio.
De son côté, la direction de Radio France justifie ce recrutement au nom du pluralisme, dans un contexte de campagne présidentielle pour 2027 20 Minutes, sans que les sources ne rapportent de déclaration nominative détaillée en ce sens.
Ce qui reste incertain
Le mouvement de grève est prévu sur deux journées, les 13 et 14 septembre, sans qu'une suite ou une prolongation ne soit annoncée dans les sources disponibles France 24+1. La position de la direction de Radio France sur un éventuel réexamen du recrutement de Charles Sapin n'est pas précisée au-delà de sa justification initiale au nom du pluralisme 20 Minutes.
Les syndicats et les signataires de la tribune demandent explicitement à la direction de revenir sur sa décision, sans qu'aucune réponse officielle à cette demande ne soit rapportée L'Humanité. L'épisode relance plus largement la question de la place du journalisme d'opinion dans l'expression du pluralisme au sein des médias publics L’Obs, un débat dont l'issue reste ouverte.
« On a le sentiment d'être piégés »
« refus catégorique »
« pas compatible »
Registre des sources
- France 2401:45
- Le Monde15:00
- RFI00:25
- 20 Minutes07:46
- L'Humanité10:34
- Le Figaro09:03
- Libération16:12
- L’Obs08:15