Crépol : les 11 accusés jugés pour racisme anti-blanc aux assises
Onze jeunes renvoyés devant la cour d'assises pour le meurtre de Thomas Perotto à Crépol verront retenue la circonstance aggravante de racisme envers « la race blanche et la nation française », malgré la contestation du parquet.

Les juges d'instruction ont rendu leur ordonnance de mise en accusation dans l'affaire du meurtre de Thomas Perotto, survenu à Crépol, dans la Drôme, le 18 novembre 2023 France Bleu. Sur les quatorze suspects initialement mis en examen, onze sont renvoyés devant la cour d'assises pour meurtre, et un devant la cour d'assises des mineurs de la Drôme pour violences volontaires France Bleu+1.
Les onze accusés majeurs seront jugés pour avoir volontairement donné la mort à Thomas Perotto et pour avoir tenté de tuer trois autres personnes lors de cette même soirée BFM TV. L'ordonnance retient à leur encontre la circonstance aggravante d'avoir tenu des propos discriminatoires contre « la race blanche et la nation française » BFM TV+2.
Cette qualification de racisme aggravant le crime avait pourtant été contestée par le parquet de Valence dans son réquisitoire définitif, rendu à la mi-août Franceinfo Faits divers. Les juges d'instruction ont néanmoins choisi de la retenir dans leur ordonnance de mise en accusation.
Selon les éléments de cette ordonnance, dont Le Monde indique avoir pris connaissance, les magistrats instructeurs considèrent qu'il existe « une concordance parmi les témoignages quant à l'existence de propos discriminatoires » tenus lors de la soirée Le Monde. C'est sur cette base que la circonstance aggravante a été retenue, en dépit de la position différente exprimée par le ministère public.
Les faits remontent à la nuit du 18 novembre 2023, lorsque Thomas Perotto, un jeune rugbyman, a été mortellement poignardé à la sortie d'un bal organisé dans le village de Crépol Le Figaro. Trois autres personnes avaient également été blessées lors de cette même agression, pour laquelle les accusés sont désormais poursuivis pour tentative de meurtre BFM TV.
Le dossier judiciaire, ouvert il y a près de trois ans, a mobilisé une instruction longue et suivie de près par la presse nationale L'Humanité. La décision de renvoi aux assises marque une étape déterminante avant l'ouverture du procès, dont la date n'est pas précisée dans les éléments disponibles à ce stade.
Les onze accusés majeurs comparaîtront devant une cour d'assises classique, tandis que le mis en cause mineur au moment des faits sera jugé séparément devant la cour d'assises des mineurs de la Drôme, pour des faits de violences volontaires distincts du meurtre France Bleu+1. Cette distinction procédurale tient au statut de mineur de l'un des protagonistes lors des événements de novembre 2023.
À ce stade de la procédure, les personnes mises en accusation bénéficient de la présomption d'innocence et n'ont fait l'objet d'aucune condamnation. Le renvoi devant la cour d'assises ouvre la voie à un procès public, mais ne préjuge pas de son issue.
Le contexte
Le meurtre de Thomas Perotto est survenu le 18 novembre 2023, à la sortie d'un bal dans le village de Crépol, dans la Drôme Le Figaro. Le jeune homme, décrit comme rugbyman, a été mortellement poignardé lors de cette soirée, au cours de laquelle trois autres personnes ont également été blessées BFM TV+1.
Quatorze suspects avaient été mis en examen dans le cadre de l'instruction ouverte à la suite de ce meurtre France Bleu. L'affaire a suscité une attention médiatique soutenue, comme en témoigne le nombre de rédactions ayant suivi de près l'évolution du dossier jusqu'au renvoi devant les assises, près de trois ans après les faits L'Humanité.
Le parquet de Valence avait rendu son réquisitoire définitif à la mi-août, dans lequel il contestait la circonstance aggravante de racisme envers « la race blanche et la nation française » Franceinfo Faits divers. Cette divergence entre le ministère public et les juges d'instruction constitue l'un des éléments marquants de cette étape de la procédure.
Selon l'ordonnance de mise en accusation, les juges d'instruction se sont appuyés sur une concordance de témoignages recueillis durant l'instruction pour établir l'existence de propos discriminatoires tenus lors des faits Le Monde. C'est cette analyse des témoignages qui a conduit à la décision finale de retenir la circonstance aggravante, en dépit de la position du parquet.
Les réactions
Le parquet de Valence avait pris position dans son réquisitoire définitif de mi-août, en contestant la circonstance aggravante de racisme finalement retenue par les juges d'instruction Franceinfo Faits divers. Cette divergence entre l'accusation et l'instruction constitue l'un des points marquants de cette étape judiciaire.
Selon les éléments de l'ordonnance de mise en accusation consultés par Le Monde, les juges d'instruction motivent leur décision par « une concordance parmi les témoignages quant à l'existence de propos discriminatoires » Le Monde. Cette formulation constitue la justification centrale retenue pour caractériser la circonstance aggravante.
L'Humanité relève que la notion de racisme envers « la race blanche et la nation française » est une qualification qui « ravit l'extrême droite » L'Humanité, sans que cette appréciation ne soit reprise par les autres sources consultées.
À ce stade, aucune déclaration officielle des avocats des accusés, des familles des victimes ou du parquet postérieure à la décision de renvoi ne figure dans les éléments disponibles. Les personnes mises en accusation restent présumées innocentes jusqu'au jugement de la cour d'assises.
Ce qui reste incertain
Le renvoi devant la cour d'assises ouvre la voie à un procès public pour les onze accusés majeurs, tandis que le mis en cause mineur au moment des faits sera jugé séparément devant la cour d'assises des mineurs de la Drôme France Bleu+1. Aucune date de procès n'est précisée dans les éléments disponibles à ce stade.
La contestation du parquet de Valence sur la circonstance aggravante de racisme, exprimée dans son réquisitoire de mi-août, pourrait rester un point de discussion lors du procès à venir Franceinfo Faits divers. Les accusés bénéficient de la présomption d'innocence jusqu'à l'issue de leur jugement devant la cour d'assises.
« une concordance parmi les témoignages quant à l'existence de propos discriminatoires »
Registre des sources
- France Bleu12:23
- Franceinfo Faits divers12:14
- Le Monde17:18
- BFM TV11:26
- L'Humanité15:09
- Le Figaro12:09